Tout comme le roman d’André Maurois, le meilleur titre possible à donner à la Bourgogne est celui de Climat, bien sûr… et je ne parle pas du climat plus qu’arctique qui s’abat en ce moment dans la région mais bien évidement de la notion bacchusienne de climat, celle qui présente sa candidature au patrimoine mondiale de l’UNESCO. Quand les appellations d’origines ont été instituées dans les années 30 (et oui c’est récent !), chaque vignoble a du choisir la clé de voûte de son modèle. Le Bordeaux, ardent défenseur du libéralisme lors de la révolution, opta bien évidemment pour la propriété ; la Champagne, forte de son unicité de nom sur un vaste territoire, opta pour la marque ; et la Bourgogne, terre de seigneurs, d’histoire et de terroirs, choisit le climat.
Le site internet www.climats-bourgogne.com définit ce « climat » comme «une parcelle de terre précisément délimitée, connue sous le même nom depuis plusieurs siècles, et dont l’emplacement précis, le sol, le sous-sol, l’exposition, le microclimat, l’histoire forment l’identité de ce terroir ou de ce cru ». Et là, tout comme vous, je me pose une question :
MAIS POURQUOI APPELER CETTE NOTION CLIMAT ?!
Des mots comme « cru », « diversité » ou « écotone » (tous à vos Larousse!!! ou wikipédia si vous n’avez pas connu le support papier…) auraient tout aussi bien pu traduire ce concept et ce, sans faux semblant. Le fait même qu’il faille expliquer ce concept sur la première page du support web de la candidature « des climats de Bourgogne » au patrimoine mondiale de l’UNESCO, montre bien les difficultés de compréhension de ce concept par les consommateurs. Dans leurs têtes (comme dans la mienne avant d’arriver ici) le mot « climat » prend une définition météorologique, il y a donc déjà une confusion quant à sa signification, comme le confirme la petite vidéo suivante…
Cependant il faut rendre à la Bourgogne ses lettres de noblesse et reconnaitre sa singularité et son extraordinaire diversité vinicole. On a souvent du mal à comprendre comment un simple chemin séparant deux vignes peut distinguer deux types de vins, deux qualités. Ainsi le consommateur dit-on, y perd parfois son latin. Pourtant, à Meursault, les Perrières ne sont pas les Charmes, ni les Genevrières, ni les Santenots, ni les Caillerets, ni les Poruzots. Et encore, je vous passe les multiples propriétaires…Mais un bon dégustateur affuté, amateur de Meursault, saura tous les reconnaitre et appréciera chacune des nuances qu’apportent ces climats. Cette apparente complication offre donc à l’amateur la joie unique de l’infinie découverte, le plaisir subtil de la comparaison et surtout le bonheur d’apprendre. Nul part ailleurs, les différentes facettes d’un cépage ne sont autant explorées. Il y a en Bourgogne une volonté unique: faire du vin oui…mais le faire bien! Comme nous le rappelle notre aimable passant “là où les autres baissent les bras, le bourguignon lève le coude“…
Bon apéro et à bientôt!
Rédaction: Julien Forat
Vidéo: Armand de Gerard et Alexandre Abel






















